Home

Moi aussi je veux des actions !

Une entreprise modèle installée dans le 7e arrondissement de Paris a récemment fait bénir son budget par Laurence Parisot. Il est excédentaire de 1,7 million d’euros : nickel pour les agences de notation. Preuve donc qu’il y a des boîtes qui roulent dans ce pays : quand on veut, on peut !

Découvrons-le ensemble.

  • 10% d’augmentation du budget accordé aux repas et réceptions. Le networking sans caviar, avouez que c’est la déprime.
  • 100 000€ d’augmentation du budget accordé à la publicité. Essentiel pour bien se positionner sur le marché.
  • 105 000€ d’augmentation du salaire des directeurs… de filiales ? Tiens, non, de master.
  • 150 000€ de diminution du budget des aides sociales. Wait. What? Des aides sociales ?
  • 37,2% de diminution du budget accordé aux subventions ; 20% de diminution du budget accordé aux subventions aux associations. C’est du CE dont on parle là ?
  • 0,9% d’augmentation des frais d’inscription. De plus en plus louche… à moins qu’on parle des cours de yoga et de développement perso ?

Au temps pour nous, nous avions bêtement cru qu’il s’agissait du budget d’une entreprise, enfin de quelque chose de lucratif. On nous dit dans l’oreillette qu’il s’agit de celui d’une « école ».

Comme chaque année, l’opération est rondement menée : la direction s’assure du soutien sans faille de l’UNI, et oblige l’Unef à s’opposer à une augmentation qui touche surtout les tranches supérieures. Elle tente même de faire passer cette augmentation comme une œuvre de charité : ce serait presque de la redistribution des richesses. Le budget des aides sociales est simultanément éventré, mais qu’à cela ne tienne : plus c’est gros, mieux ça passe.

La stratégie de la direction doit être comprise sur le long terme : le budget 2015 s’inscrit dans une longue histoire de désengagement financier de l’Etat.

Elle doit aussi être replacée dans la restructuration actuelle de tout l’enseignement supérieur et de la recherche : dans les facs, les budgets ne permettent plus de boucler l’année, les COMUE (Communautés d’Universités et d’Etablissements) poursuivent et amplifient la politique dite « d’excellence », et la mise en concurrence des établissements, tout en donnant aux chefs d’entreprise locaux une assise toujours grandissante dans les conseils d’administration.

En somme, Sciences Po sert littéralement de laboratoire au désengagement de l’Etat de l’enseignement supérieur et de la recherche. S’opposer à la hausse des frais d’inscription est nécessaire, parce que cette hausse est l’instrument d’une politique globale qui ne touche pas seulement les « tranches supérieures ». Mais si nous ne relions pas cette lutte aux mouvements des étudiant.es et des personnels d’autres établissements, nous nous condamnons à répéter le même ballet chaque année, contre chaque budget : cette dynamique dépasse le petit cénacle mafieux qui gère Sciences Po.

Nous revendiquons :

  • Le gel immédiat des frais d’inscription
  • Une réforme des statuts de Sciences Po mettant fin à la division IEP (de régime public) /FNSP (de régime privé), afin de rendre l’établissement entièrement public
  • L’arrêt de la sélection par concours et le rattachement de l’établissement au régime général de l’enseignement supérieur

Pour un enseignement supérieur critique, gratuit et émancipateur, rejoignons la manifestation nationale du 11 décembre, qui partira à 14h de l’Université Paris 7, site Grands Moulins (métro Bibliothèque François Mitterrand).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s