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Création d’une cellule de veille : une avancée contre le harcèlement, et ses limites

Sciences Po a récemment annoncé aux enseignant-es, personnels et étudiant-es la mise à disposition d’un nouvel outil contre le harcèlement sexuel : une cellule de veille, offrant « écoute, information et orientation, en toute confidentialité ». Cette cellule est joignable par téléphone (01 45 49 54 00) et par e-mail (harcelement.sexuel@sciencespo.fr). Un guide d’information sur le harcèlement sexuel (http://www.sciencespo.fr/com/SciencesPo_Guide_information_sur_le_harcelement_sexuel.pdf) était simultanément publié.

Nous saluons ces avancées, qui montrent qu’il n’est plus possible d’ignorer la question du harcèlement dans l’enseignement supérieur et la recherche. Nous saluons la référence à l’AVFT et au CLASCHES, dont le guide plus complet est disponible (http://www.clasches.fr/sites/clasches.fr/files/clasches_guide-harcelement-sexuel-2014_web-hd.pdf ; n’hésitez pas à nous contacter pour une version imprimée et reliée).

Nous rappelons toutefois que les structures institutionnelles ne sont pas les seuls outils possibles face au harcèlement et aux agressions sexuelles. Qu’elles soient animées par des personnes de bonne intention ou non, force est de constater qu’elles n’entament que très rarement l’impunité des agresseurs, surtout quand ils sont professeurs.

De même, si déposer plainte est toujours légitime lorsque l’on est victime de harcèlement, d’agression ou de viol, force est de constater, au-delà des violences supplémentaires qu’infligent le plus souvent les structures et personnels policiers sur les femmes qui décident d’aller porter plainte, que l’institution policière ne peut être un recours pour toutes les femmes (travailleuses du sexe, trans, sans-papières…).

Face à cela, autodéfense et mobilisation collective sont aussi des outils légitimes.

Aux Etats-Unis, des jeunes femmes victimes de viol ont par exemple décidé de venir chaque jour sur leur campus avec leur matelas, pour protester symboliquement contre l’impunité de leurs agresseurs, jamais sanctionnés pour les viols qu’ils ont commis, et toujours présent sur le même campus universitaire que leur victime.

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Ailleurs, des étudiantes se sont organisées entre elles et ont décidé de porter plainte contre leurs universités, sourdes à leurs demandes de justice face à leurs viols.

Dans cette perspective, nous regrettons par ailleurs qu’aucune structure étudiante n’ait été contactée pour élaborer ce guide, et qu’il n’y a aucun-e interlocutrice-teur étudiant-e proposée par Sciences Po en cas de harcèlement : pourtant, il ne faut pas sous-estimer la difficulté que peuvent avoir les victimes à parler, et encore plus à des personnes haut placées dans la hiérarchie de l’IEP.

Cette cellule de veille est un premier pas, il en faudra d’autres pour que cesse l’impunité des agresseurs en milieu universitaire !

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